Pleurer devant une rose avec armure & son chanteur

Cliquer sur la flèche pour entendre la chanson
Cela me rappelle une question fort intéressante qui me fut posée en janvier lors d’un déjeuner : « Qu’est l’amour vrai ? « …
Ce que tout le monde cherche ou espère dans le creux de son âme, les délices de la vraie saveur de l’amour. Mais la confusion règne et cela nous demande de percevoir au-delà des images.
Merveilleux poème chanté par un homme touchant dans ses mots et son message…
Suivant la longue métamorphose qui m’éloigne de mon passé
J’ai croisé une rose qui ne pouvait pas avancer (…)
Elle a la couleur de l’amour bien que je n’l’ai jamais croisé
Bien qu’à la lumière du jour, les fleurs sont toutes belles à crever
Alors j’ai mis la route en pause, à ses cotés me suis posé (…)
Même si ton armure est trop lourde bien qu’elle t’ait toujours protégé
Sache que la vie est sourde quand elle ne doit pas nous blesser (…)
Traversant tous les bruits du monde avec ma fleur à mes côtés
Me nourrissant chaque seconde de sa douceur et sa beauté
J’ai croisé un ruisseau immonde qui a cru bon de refléter l’image
D’un monstre bleu profond d’un guerrier triste et abîmé
Comment ma rose as-pu tu subir pareille offense à ta splendeur?
Et comment puis-je réussir à oublier qu’elle fût l’erreur
De t’arracher à ton jardin et cause un vide dans mon cœur
Mais elle m’arrête puis m’embrasse, ma rose rit et moi je pleure
Ma rose, ma rose, ma rose, ma rose écoute mes murmures
Ma rose, ma rose, ma rose, ma rose tu peux être sûre
Que tu n’seras plus jamais seule pour franchir les murs
Il y a d’la place sur mon épaule pour une rose et son armure (…)
Je n’avais jamais eu personne pour guérir mes blessures
Jusqu’à ce que un jour une rose vienne se poser sur mon armure
Sa rose me touche inlassablement…
Il fait écho à un poème qui s’est élancé de mon intériorité…
« Un murmure »…
« Franchir les murs »…
« Laisser l’armure »…
ROSE3 poeme

Je me rappelle d’un ami, oups d’un amoureux, oups d’un ami…

 

Tout a commencé un été, celui de mes 16 ans. Un beau jeune homme n’osait m’aborder. J’étais avec une copine que j’estimais être très jolie. De mon côté, je me pensais invisible, fade. Cela m’a duré longtemps.

 

Nous avons fait exprès de passer devant lui, au bord de la jetée à Lacanau Océan. Et il a réussi à prononcer un bonjour ! L’amitié a commencé… Enfin, j’étais amoureuse. Nous étions tous les jours chez lui avec ses amis. Nous habitions à quelques pas. Il aimait le hard rock. Quand nous nous sommes revus à Paris, il m’amena à une interview de son groupe préféré. Il était journaliste musical pour une radio, avant de devenir journaliste sportif.

 

Dès que nous le pouvions, nous nous voyons. Il était présent pour mes anniversaires et surtout celui de mes 20 ans. Il était venu exprès alors qu’il était loin et à son service militaire. J’avais proposé une soirée déguisée, mais il était venu sans déguisement, pensant échapper à mes fantaisies. Par chance, il avait toujours envie de me faire plaisir autant que moi et il accepta de porter un kimono que j’avais apporté… me doutant qu’il allait tenté de passer inaperçu en jean et tee-shirt ! Il a eu de la chance, car la 2nd option était une robe orange de ma mère. Ce fut un autre copain qui la passa et s’amusa comme un fou d’ailleurs.

 

De ces sensations intérieures et amoureuse, je ne lui avais rien dit. Je m’étais toujours imaginée qu’il préférait ma copine et qu’entre nous, ce serait l’amitié. Il ne me fit aucun signe, ou je n’en ai vu, ni perçu aucun lors de l’été de notre rencontre. La seule fois, où il s’avança, fut des années plus tard, quand je venais pour emménager à Paris. J’avais 22 ans. Mon 1er canapé, ce fut le sien. Il me le donna pour que je puisse accueillir à dormir ma mère et d’autres amis de Bordeaux qui souhaitaient me rendre visite et mon père également. Il se démena pour le transporter de son appartement au mien, en plein Paris et monter les étages… Je me rappelle que cela avait été assez épique.

 

L’amitié fut toujours présente, sans dire mots de quoi que ce soit. Avec le recul, j’avais surement peur de l’amour, peur de l’intimité, peur de m’ouvrir à un homme, même si c’était un ami et que la confiance était présente. J’avais peur de mon féminin peut-être aussi et surement, de la femme en moi en cours d’éclosion. Peut-être voulais-je préserver mon monde de jeune fille ? Je me suis laissée approcher uniquement par un amoureux qui s’élança vers moi avec insistance pour briser ma timidité, mon perpétuel recul et mon recroquevillement, même si en apparence, je suis assez avenante et très chaleureuse et amicale.

 

15 ans plus tard, je l’appelais, de manière anodine, pour prendre de ses nouvelles. Je voulais lui faire un coucou à son travail. Sa collègue me demanda aussitôt qui j’étais pour lui. Sur un ton grave, elle me conseilla alors de l’appeler à son domicile.

 

Il m’annonça sa maladie.

 

Je lui ai raconté nos souvenirs d’adolescents et lui ai parlé pour la 1ère fois de mes sentiments qui s’étaient manifestés lors de notre rencontre. Il m’avoua que les sentiments étaient réciproques. Quand je lui ai parlé de ma copine blonde aux yeux bleus, il a ri et s’est écrié qu’il s’en moquait éperdument ! Cette conversation fut pour moi, à la fois un aveu et un système de croyance qui s’effondra. Je me retrouvais face à moi avec mes peurs qui avaient été ridicules.

 

Il m’appela en décembre, le jour de son anniversaire. Ce fut une conversation en apparence anodine. Cette fois, en raccrochant, j’avais pleuré toutes les larmes de mon cœur et de mon corps. J’avais su qu’à cet instant précis, il me disait au revoir. Un jour en avril, après des visites dans sa chambre dès que je pouvais à l’hôpital Necker, j’ai cherché à le joindre au téléphone, puis par email et par tous les moyens à ma disposition. C’est comme si toutes les lignes étaient occupées. C’était un lundi à 13h30. Le lendemain, 8h du matin, son meilleur ami m’appela pour m’annoncer qu’il était parti la veille à 13h30.

 

L’inconscient est quelque chose d’incroyable et nos résistances peuvent être tellement dramatiques et puériles… Quand on sait… J’ai fait le deuil d’un ami, car j’ai perdu un ami sincère. Quelques années plus tard, retour en pleine face de la réalité qui m’avait échappée de son vivant… Le deuil d’un amour s’annonça, comme s’il avait été caché par l’amitié que je croyais uniquement lui porter. 15 ans de silences idiots, 15 ans à fuir quelque chose qui était présent ou à regarder ailleurs, 15 ans à me recroqueviller dans mes peurs dès que l’amour s’approchait… Une grande leçon. Aujourd’hui, je sais que rien n’est certitude, que tout est toujours ouverture si nous nous offrons de voir la réalité au fond de nous et d’aller dans le sens de nos profondeurs, de notre âme et pas de nos projections, peurs, dualités… Des amis autour de moi pourraient vous en parler… Lire mon article « Sortir de la souffrance & découvrir la vie : Amour sincère »

 

 

Présente pour son passage, il est présent pour les miens, dans mes rêves, même 20 ans après.

 

Je lui ai rendu hommage dans une chanson lors de mon 50ème anniversaire et j’ai été très heureuse d’honorer sa présence autant que celles de mes parents et aïeuls. Et aussi d’honorer mes amis et les personnes présentes à mes côtés.

 

Nous sommes peut être plus doués pour écouter nos résistances, les croire « vérité » alors qu’aller vers un élan des profondeurs, nous apportent le meilleur. Nous pouvons hélas nous tourner vers des êtres qui nous bousculent par leurs manques, leurs mal êtres et des relations non épanouissantes alors que le mouvement est d’être avec ceux qui nous procurent un réel bonheur. Laissons tout ouvert, laissons tout s’épanouir et plongeons nous dans le succulent réel qui nous ouvre les portes de l’essentiel.

 

Un jour, je vous le souhaite et je nous le souhaite, nous entendrons enfin ce qu’est un amour vrai et la différence avec l’état d’être amoureux. La différence est infinie car la 2nd est remplie de confusion et n’est pas dans la réalité. Le nombre de fois dans notre vie où pour certains, nous sommes tombés amoureux plusieurs fois. Cela n’a pas le goût de l’amour sincère et vrai. C’est surtout une belle embuscade, bien éphémère ou qui peut durer longtemps si elle ne se transforme pas et surtout si à l’intérieur, c’était un cocon entièrement vide. Ah, les voiles ! Quand les enlevons-nous et regardons-nous ce qui est au lieu de nous tourner vers des chimères. Merci à la vie pour nous amener dans un éternel recommencement et de nous offrir le présent.

 

 

Publié par

Expression Corporelle & Artistique Espace Chrysalide

Ecrits par © Carole, rêveuse, conteuse, poète, conférencière, accompagnement & Fondatrice de l'Espace Chrysalide Bordeaux Chartrons Bacalan Saint Louis - Contact : espacechrysalide@outlook.com

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